Contexte

Depuis environ trois décennies, les problèmes de l’environnement préoccupent la communauté internationale. Les observations indiquent que les changements climatiques au XXe siècle ont déjà touché un ensemble varié de systèmes physiques et biologiques. L’Afrique en général, et l’Afrique de l’Ouest en particulier est plus vulnérable à la variabilité et aux changements climatiques notamment à cause de certaines de ses caractéristiques physiques et socio-économiques qui la prédisposent à être affectée de façon disproportionnée par les effets négatifs des variations du climat (UICN-BRAO et al., 2003). Se basant sur les analogiques pluviométriques sèches et humides, le réchauffement global aurait pour conséquence entre autres, une modification sensible des hauteurs pluviométriques à l’échelle annuelle, mais surtout une augmentation de la durée de la période sèche d’un à deux mois selon les stations. Les conséquences seront remarquables sur l’agriculture, largement pluviale et de facto sur l’économie du pays, très dépendante de ce secteur. Les principales causes de ces changements climatiques sont les émissions des Gaz à Effet de Serre (GES).

Au Bénin, le secteur agricole, fortement tributaire des stimuli climatiques se trouve sérieusement menacé par les changements climatiques. Régit par un climat de type sub-équatorial, le Bénin subit une péjoration climatique récente avec de fortes variabilités spatio-temporelles des précipitations, alternant périodes sèches et périodes humides. Une étude réalisée par Bokonon-Ganta et al (2003) au Bénin a montré qu’à l’horizon 2025, les changements climatiques vont entraîner une baisse considérable de la production des cultures du coton (-29,58%), niébé, maïs, manioc, arachide et le riz (-6%); ce qui aura pour conséquence un appauvrissement continu des populations, la baisse du disponible alimentaire et la vulnérabilité des terroirs.

Pour faire face à ces changements climatiques et réduire leurs impacts sur la production agricole et vulnérabilité des populations, plusieurs actions ont été entreprises notamment sur les plans, juridique, de la recherche et de la vulgarisation agricole. Cependant, les différentes actions entreprises n’ont pas pris en compte la faible capacité technique des populations. Les méthodes de renforcement de capacité des producteurs telles qu’appliquées par le Système National de Vulgarisation Agricole et ses structures déconcentrées (CeRPA, CeCPA) ne permettent pas une réelle implication des producteurs en matière d’adaptation aux changements climatiques. On assiste donc à peu de résultats concluants dans ce domaine.

Toute stratégie devra également prendre en compte le besoin d’incorporer les considérations relatives aux changements climatiques aux plans et programmes de développement sectoriel, aux activités de sensibilisation et d’éducation des gouvernements, des communautés à la base et des institutions ainsi qu’aux besoins d’améliorer les systèmes de prévision et d’alerte rapide.